Notre philosophie

Au Dojo, nous envisageons le shibari comme un langage : une manière d’entrer en relation, d’explorer les sensations et de s’exprimer à travers les cordes.

La beauté des lignes, des tensions et des formes occupe une place importante dans notre pratique. Mais une attache ne se résume pas à ce que l’on voit. Elle prend sens dans ce qui se joue entre les partenaires : l’écoute, la confiance, l’intention, les réactions du corps, les émotions et tout ce qui se construit dans l’instant.

La corde devient alors un moyen de communication. Attacher, être attaché·e, déplacer un corps, accepter ou transformer une tension sont autant de manières de dialoguer. Cette relation peut être douce ou exigeante, ludique, sensuelle, érotique ; elle peut aussi rechercher l’intensité, jouer avec la contrainte, l’effort et les limites du corps. Elle appartient avant tout aux personnes qui la vivent.

Nous accordons ainsi autant d’importance à l’expérience sensible qu’à la maîtrise technique. La technique est essentielle : elle donne de la précision, de la sécurité et de la liberté. Mais elle reste pour nous au service d’une intention, d’une relation et de ce que l’on souhaite faire vivre avec les cordes.

Nous n’évacuons pas non plus la dimension érotique du shibari. Elle appartient à son histoire comme aux expériences intimes que les cordes peuvent faire naître, sans pour autant définir à elle seule toutes les manières de le pratiquer.

Cette approche nourrit aussi notre travail artistique. Le shibari peut devenir un espace de recherche et de création, où le corps, la corde, le mouvement, l’espace, la musique ou la lumière se rencontrent. C’est dans cette continuité que le Dojo est aussi devenu notre « laboratoire des rêves » : un lieu où nous expérimentons, imaginons et donnons progressivement forme à nos projets.

Il n’existe donc pas, pour nous, une seule manière de pratiquer le shibari. Nous souhaitons transmettre une pratique vivante, attentive et créative, permettant à chacun·e de développer son propre langage avec les cordes.